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St Ybars, un double castrum Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par H. Esquirol, G. Pradalié   
02-07-2014

 

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Vue générale depuis l’est

 

  Saint-Ybars porte le nom d’un ermite qui aurait vécu au VIe siècle dans une grotte au pied des murailles de Périgueux et qui, en Périgord, est plus connu sous le nom de Cybard.

 

     Une église de Saint-Ybars existait avant l’an Mil. Elle se trouvait à environ 500 m à l’est du village actuel, au lieu-dit Saint-Ybars-le-Vieux à l’ouest de la ferme de  Carbine. Elle existait encore en 1725. Il n’en reste aujourd’hui qu’un bâtiment agricole en piteux état, mais dont le mur nord présente un très bel appareil.

 

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Saint-Ybars–le-vieux, restes de l’église

 

    Le village de Saint-Ybars s’étire sur un éperon (appelé jadis d’Arbolhag) de direction sud-ouest-nord-est sur plus de 300 m

 

   A l’ouest, dominant la vallée de la Lèze, se dressaient autrefois deux châteaux sur motte (XIe-XIIe siècles). La motte sud, au pied de laquelle se trouvait un moulin, appartenait au comte de Foix, celle du nord à l’abbé de Lézat. La première a été rasée vers 1880 pour laisser place au groupe scolaire. La seconde était encore visible dans les années 1950, à l’emplacement de la salle des fêtes. Avant la Révolution, on appelait cette double motte exceptionnelle le Grand Castet.

 

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Les mottes du Grand Castet d’après un plan de 1787

(ADA 139 EDT/DD3)

 

   Séparé du Grand Castet par un fossé, un village fortifié (castrum) existe au moins depuis le XIIe siècle, desservi par trois rues parallèles.  Son organisation pourrait être le reflet de la coseigneurie, la rue du milieu le partageant en deux, au sud le quartier du comte au pied de la motte comtale, au nord celui de l’abbé de Lézat au pied de la motte abbatiale. Ce village s’étendait jusqu’à la place de la mairie où l’éperon était sans doute barré par un fossé.

 

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Les deux castrums (d'après le plan cadastral de 1835).

A et B le Grand Castet. C la Tour comtale. 1, 2, 3, 4  Portes.

En bas à gauche, le premier castrum ; en haut à droite, le castrum du XIIIe siècle.

 

     En 1241, l'abbé de Lézat autorise l'autre coseigneur, le comte, à construire, à ses frais, un (nouveau) château et un village "contigu" appelés Sauveterre de Saint-Ybars. Ce second village, improprement qualifié de bastide, prolonge le premier le long d'une rue unique (de la place de la mairie à celle du foirail). Il est lui-même fortifié et soumis à l'autorité conjointe des deux coseigneurs. Dans les années qui suivent, des lots à bâtir, des jardins et des terres à vigne sont distribués à de nouveaux habitants.

 

 

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Escoursière (passage le long du rempart) du second castrum, au sud-est

 

     Le second château du comte de Foix et l’église sont construits à la jonction des deux castrums.

 

     Le château se présente  sous la forme d’une  tour de pierre de forme carrée (8m x 8m) aux murs épais (environ 2m) dont la salle voûtée du rez-de-chaussée, haute de 7m, n'a pas de mur est et s'ouvre directement dans l'église.

     Au dessus de la salle, les niveaux supérieurs de la tour n’étaient accessibles, à partir de l'église, que par une porte haute. Celle-ci, aujourd'hui obturée, donne sur un escalier de pierre à vis logé dans l'épaisseur du mur.

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La tour comtale surmontée du clocher (XVIe siècle)

 

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Intérieur de la tour

A droite, porte haute de communication entre l’église et la tour

A gauche, départ de l’escalier à vis

 

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Voûte de l’escalier à vis, blason des comtes de Foix

 

   Liés au sud à la tour subsistent un pan de mur et une porte appartenant au premier mur ouest de l’église, laquelle aurait donc été construite en même temps que la tour, même si les archives n’en disent rien. Son mur nord s’intègre au mur d’enceinte du second castrum.

 

   A cause des remaniements qu’elle a subis, il est difficile d’en donner les dimensions précises (35m environ) et le plan. Mais il semble qu’elle ait eu, dès l’origine, une nef unique (peut-être simplement plafonnée ou charpentée), des chapelles entre les contreforts, selon le modèle du «gothique méridional», et un mur droit au chevet.

 

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Chapelle Saint-Pierre, clef de voûte (XIVe siècle)

 

     Au XVIe siècle, le bâtiment fit l'objet d'importants travaux : allongement (?) et voûtement du chœur et de la plupart des chapelles, édification d'un clocher sur la tour comtale, ouverture du portail sud, création au sud-ouest de la chapelle Sainte-Anne, etc. Au XIXe siècle, la nef fut enfin voûtée.

 

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Chapiteau de l’arc d’entrée d’une chapelle (XVIe siècle)

 

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Portail sud à lobes

 

     La chapelle de Sainte-Anne, dont la construction en avant  du premier mur ouest de l'église a entraîné sa disparition presque totale, abrite des fresques remarquables.

 

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Chapelle de Sainte-Anne : l’Annonciation

Dernière mise à jour : ( 16-07-2014 )
 
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