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Les paysans du Volvestre ( XVIIe-XVIIIe siècles) Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Ch. Miramont   
24-01-2009

Si l’histoire des paysans du Volvestre appartient à l’Histoire, les documents anciens qui permettent de l’écrire font bien partie du patrimoine régional. A l’image d’un « pays » éclaté, ils sont aujourd’hui partagés entre les Archives départementales de l’Ariège (ADA) et celles de la Haute-Garonne (ADHG).

Les paysans du Volvestre étaient soumis à une pyramide d’autorités, le roi, leur(s) seigneur(s) immédiat(s), le clergé, qui tous prélevaient sur eux taxes et redevances foncières, lesquelles étaient consignées dans des registres. Ces documents fiscaux, quand ils ont été conservés, ne laissent qu’ exceptionnellement voir la vie des hommes et des femmes de ce temps.

        En 1695 est créé un nouvel impôt royal, la capitation. Le livre de capitation de Tourtouse permet d’appréhender la diversité et les inégalités sociales d’une petite communauté villageoise, y compris le dénuement de certain(e)s.

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Livre de capitation de Tourtouse, 1695 (ADHG C1982)

       L’enquête de 1744 note pour la quasi-totalité des paroisses du Couserans (avec une certaine exagération?) : les grains qui s’y ramassent ne suffisent pas seulement pour les trois mois de l’année. ( ADHG C1983)

       Les livres de reconnaissance détaillent les droits seigneuriaux qui pèsent sur les paysans. En 1668, les moniales de Sainte-Croix, seigneurs des lieux, énumèrent les droits dont elles disent avoir été spoliées suite aux troubles religieux de l’époque précédente, réclamant leur restitution. 

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Premierement disent que chasque habitant de la seigneurie et jurisdiction de Ste Croix et Citas qui tenoient feu allumant estoient obligé de payer audit prieuré deux mesures de bled par chasque année pour le droit de fournage ainsi quil avait esté ancienement payé comme il se verifie par des recognoissences passées lan mil cinq cent dixhuict par devant fabry, notaire de montesquieu de volvestre et confirmé par d'autres recognoissences passées l'an mil cinq cent quarante un par devant bourgaly notaire royal de montesquieu de volvestre comme aussi par des baulx a fief faicts les années mil quatre cent nonante neuf et mil cinq cent dixhuict.

De plus disent qu'elles ne jouissent point de la banalité de la forge du susdit lieu quoyque ce soit un droit commun à tous seigneurs hauts justiciers et que mesme il est dit dans un certain titre que le droit de la forge valait vingt livres.

Plus disent que depuis peu les dits habitants se prevalant de la faiblesse des dittes religieuses estant renfermées ont faict de grandissimes degats dans la forest appartenant audit prieuré dont les uns en ont fait de grands bastimants et d'autres merain et autres ouvrages quils ont vendu et tourné a leur profit particulier comme il se verifie par plusieurs proces verbaux descentes et visites faittes...

Revendications des moniales de Sainte-Croix, 1668 (ADHG, 2G 158)

 

       Les livres terriers, d’origine seigneuriale eux-aussi, donnent la liste des exploitants d’une communauté, la nature et la surface des parcelles qu’ils travaillent, les redevances auxquelles ils sont soumis. Celui de Mauvezin de 1779 s’ouvre sur un croquis schématique et naïf du village et de son environnement forestier.

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Livre terrier de Mauvezin, 1779 (ADA 36J)

Il est rare que ces documents donnent accès à la vie quotidienne. Les moins pauvres en la matière sont les registres de notaires : il y avait des notaires au Plan, à Montesquieu, à Montbrun… Les actes transcrits concernent la partie la plus aisée de la population. Tel ce testament qui dépeint sommairement une maison paysanne à étage ou ce contrat de mariage détaillant le trousseau de la mariée.

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une maison a haut estage couverte de tuille canal consistant en salle haute et chambre et au bas un petit estable et chay avec le four joignant ladite maison ensemble un petit jardin de la contenance de demy boisseau ou environ…

Extrait d’acte notarial, maison, 1664 (ADA 5E 4212)

 

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et pour les droitz quelle pourroit pretendre de catherine pomade sa mère faisant en tout la somme de deux cens vint livres un lit garny de coueste coussin avec la plume necessaire quatre linceuls une bourrasse et une couverte simple une caisse de coural (coeur de chêne), trois robes lune de couleur et les autres de rousset ou blanquet, payables ladite somme et dotalisses …

Extrait d’acte notarial, dot, 1664 (ADA 5 E 4212)


       D’autres traduisent pourtant une certaine misère matérielle, comme cet inventaire (de vêtements) après décès.

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...plus une cape qui servoit au defunt fort uzée et dechirée, plus un chapeau tout dechiré, un haut de chausses de toille, avec un pourpoint de cadis le tout tout dechiré alanbeaux; plus une caisse bois coral ferrée a clef paroissant etre presque neuve dans laquelle avons trouvé trois chemises à uzage d'homme, lune presque neuve, les deux autres fort uzées et une autre chemise a uzage de femme...

Extrait d’acte notarial, inventaire après décès, 1701 (ADA 5E 4426)

 

        Et il y a parfois le désarroi d’une mère, au seuil de la mort, sans nouvelle de son fils cadet parti depuis longtemps au royaume d’Espagne.

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...de son mariage avec ledit feu melchior puiol son mary furent procrees trois enfans savoir deux garçons et une fille nommés Melchior, Nicolas et Marie puiols lequel Melchior est habitant du lieu du biet ledit Nicolas étant dans le Royaume despaigne depuis longues années étant dans lincertitude sil vit ou non...

Extrait d’acte notarial, testament, 1701 (ADA 5E 4426)

 

Dernière mise à jour : ( 24-01-2009 )
 
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