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Les abris sous roche du Volvestre Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par J.-P.Loubes   
21-07-2009

       Si la vallée du Volp n’est pas forcément, selon une expression quelque peu emphatique, le « centre géographique et magique » des Pyrénées (1), elle n’en abrite pas moins un certain nombre de cavités où l’homme préhistorique a laissé des représentations mystérieuses comme celle du « sorcier » de la grotte des Trois Frères (Montesquieu-Avantès).

      On passera aujourd’hui sur les grottes des Trois-Frères, d’Enlène et du Tuc d’Audoubert, les plus célèbres, qui feront prochainement l’objet d’une rubrique à part sur ce site.

      Il y en a beaucoup d’autres, moins connues, comme la Tuto biouleto au pied de la colline de Montardit, fouillée dès 1904 par l’abbé Cistac curé du village. Ce personnage a été mis en scène sous le nom d’abbé Clarac dans le livre de souvenirs de Paul Vaillant-Couturier, dont les parents possédaient une maison à Sainte-Croix-Volvestre (2). Enfant, le futur secrétaire du PCF et rédacteur en chef de l’Humanité accompagnait le curé de Montardit dans ses explorations…

      La Tuto biouleto est un abri sous roche de 10m de profondeur sur 10m de large autrefois habité. Elle a livré du matériel magdalénien (- 17000 -11000 ), azilien ( -11000 -8500 ) et même gallo-romain.

 

 

 L’abri sous roche de Monfa : une énigme résolue.

 

 

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      D’autres sont un peu à l’écart de la vallée du Volp, comme la grotte Papy à Tourtouse, ou l’abri aménagé qui est sur la route de Monfa au hameau des Traouques, le bien-nommé . La cavité est fermée par une paroi en colombage de bois et remplissage de torchis (argile ) percée d’une porte et d’une fenêtre. La base de ce mur de façade est en blocs de pierre maçonnés afin de fournir une assise résistant à l’humidité. Les deux règles d’or de la construction en terre crue sont en effet : « Des bottes et un chapeau ». Elles sont toutes deux appliquées ici. A l’intérieur, une cheminée est aménagée dans un angle et un ruisseau court dans l’angle opposé. La présence de ce ruisseau et d’une niche au-dessus de la porte laissait ouvert le problème de la nature de cette construction : habitat ? chapelle en relation avec un culte des eaux ?

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       Grâce à la curiosité d’une habitante de Sainte Croix, l’énigme vient d’être résolue. Monsieur le maire de Monfa, contacté, a permis de retrouver la trace du fils du dernier occupant de cet abri sous roche. Il s’agit d’un scieur de bois qui avait installé là un habitat saisonnier pour le temps de ses chantiers. C’était durant l’entre-deux guerres, ce qui confirme qu’habiter dans les cavités n’est pas une pratique si éloignée dans le temps.

       Dans notre conférence du 25 février 2009 à Saint-Christaud, nous avons montré l’universalité de ce mode d’habiter, des pays de Loire à la Cappadoce, de la Chine ( 3 ) au sud tunisien, des canyons de l’Ouest américain à l’Espagne, Nord et Sud, l’Italie, etc… 



 1-    B. Duhourcau, Guide des Pyrénées mystérieuses, 1976, p.103.

 2-    P. Vaillant-Couturier, Enfance-Souvenir d’enfance et de jeunesse, Editions Messidor, 1987 (dernière édition).

 3-    J-P.Loubes, Voyage dans la Chine des Cavernes, Arthaud, 2006. 

 

Dernière mise à jour : ( 24-10-2010 )
 
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